L'ASSURNCE VIE ET LES PERSONNES MINEURES
Qu’est-ce que l’autorité parentale
?
Tant que l’enfant a
moins de 16 ans, les parents « exercent en commun l’autorité parentale» (article372
du Code Civil).
Elle se compose de :
- l’administration légale :
Ensemble de droits et devoirs qu’exercent
les parents dans l’intérêt de l’enfant.
(Le devoir d’éducation par exemple).
-
la jouissance légale
:
C’est le droit des parents de percevoir et
de s’approprier les revenus de l’enfant de moins
de 16 ans.
Tant
que l’enfant est mineur, les parents peuvent faire
des retraits sur les sommes investies dans le contrat d’assurance-vie.
1 - A la souscription :
Le contrat d’assurance-vie
est ouvert au nom du mineur, mais ce sont les parents qui signent,
y compris s’ils ont divorcé ou s’ils sont
en séparation
de fait. L’enfant de plus de 12 ans signe aussi le bulletin
d’adhésion.
Cas
particuliers :
1-
Le mineur n'a plus qu'un parent
(un seul parent vivant ou un seul parent ayant l’autorité parentale)
Signature du père ou de la mère + joindre l’autorisation
du juge des tutelles.
Signature de l’enfant s’il a plus de 12 ans.
2-
Le mineur n’a plus ses parents (il est sous tutelle)
Signature du tuteur autorisé par le conseil
de famille + contrôle du juge des tutelles.
Signature de l’enfant s’il a plus de 12 ans.
La
durée du contrat :
Pour un mineur de moins de 12 ans, il est interdit
de choisir une durée viagère ou une durée
supérieure à 50 ans.
Au-delà de
12 ans, la durée viagère peut être envisagée.
Les opérations
de gestion :
En cas
de rachat partiel, total, avance ou arbitrage, la signature
des deux parents (et de l’enfant s’il a plus
de 12 ans) est obligatoire
2 - Lors de la rédaction de
la clause bénéficiaire :
La clause
bénéficiaire devrait être
vierge.
En effet, le mineur n’a pas la capacité de
rédiger son testament (Article 903 du Code Civil), et
par conséquent, ne peut pas remplir la clause bénéficiaire.
Or,
si la clause bénéficiaire
reste vierge, en cas de décès du mineur, le capital
accumulé sur le contrat sera réintégré dans
sa succession, sans bénéficier des avantages
fiscaux de l’assurance-vie.
Donc, en pratique, il est
judicieux de privilégier
la formule « mes héritiers légaux selon
dévolution successorale».
En résumé : De
zéro à 18 ans : privilégier « mes
héritiers légaux selon dévolution successorale »
À la majorité : l’enfant rédige lui-même la
clause bénéficiaire.
3 - En cas de donation :
En général,
ce sont les parents qui versent l’argent sur le contrat d’assurance
vie. L’administration fiscale peut considérer qu’il
s’agit d’une donation et réclamer des droits à payer
par le donateur.
Soyez vigilant :
- sur l e montant donné
L’administration fiscale évalue si le versement est exagéré ou
non, en fonction du patrimoine du donateur.
Si la somme est conséquente (par rapport au patrimoine du donateur),
il est recommandé de faire une déclaration de don manuel à la
recette des impôts du domicile du donataire. (Formulaire Cerfa n°2735
joint en annexe). Cette déclaration doit être déposée
dans un délai d’un mois après la donation.
- sur la provenance du versement initial
Si le versement initial (d’un montant conséquent)
est effectué à partir d’un compte ouvert au
nom d’une personne différente de l’adhérent
(= personne mineure), l'Administration fiscale peut considérer
qu’il s’agit d’une donation et donc réclamer
une taxation. D’où l’intérêt de
faire une déclaration de don manuel (Cerfa n° 2735).
D’ailleurs les compagnies d’assurance
insistent sur ce point :
La phrase suivante mentionnant les conditions
d’adhésion : "Le versement d'adhésion
ayant été effectué par Monsieur Jean Louis
X, pourrait être considéré comme une donation
entre père et enfant. S'il s'agit d'une opération
de ce type, nous vous rappelons qu'elle doit être déclarée à l'administration
fiscale".
Les versements programmés :
Il est impossible de mettre en
place des versements programmés effectués à partir d’un
compte ouvert au nom d’une personne différente de celui du
mineur (quelque soit la compagnie d’assurance partenaire
choisie).
L’équité entre enfants
:
Quand on donne à un enfant, pensez à donner à tous.
Ceci évitera les litiges entre enfants au moment du décès
du donateur, et même parfois avant…
Le pacte adjoint :
Faites du « sur-mesure » afin
de respecter les moindres souhaits du donateur en rédigeant
un pacte adjoint.
Les clauses possibles dans la rédaction
du pacte adjoint :
Obligation d’emploi :
le donateur veut que les fonds donnés soient utilisés
en totalité à la
souscription d’une assurance-vie.
Clause d’inaliénabilité temporaire
: l’enfant ne bénéficiera pas des fonds, ne
pourra pas faire de retraits ni d’avances, avant ses 20 ans
(par exemple).
Administration du contrat (Article 387 et 389-3
du Code Civil):le donateur gérera lui-même le contrat
de l’enfant (et non pas ses parents).
En résumé :
Effectuer
la donation et l’enregistrer
auprès de l’Administration fiscale (Cerfa n°2735)
ou par acte notarié, souscrire le contrat d’assurance
vie au nom de l’enfant mineur et rédiger le pacte
adjoint simultanément.
1- L’intérêt de déclarer
un don
Chaque parent peut donner jusqu’à 50
000 euros par enfant sans avoir de droits à payer. Un couple
peut donc transmettre 100 000 euros sans frais. Vous bénéficiez
de cet abattement de 50 000 euros par période de 6 ans.
Au bout de 6 ans, un nouvel abattement de 50 000 euros s’applique
pour une nouvelle période de 6 ans.
Chaque grand-parent peut donner 30 000 euros
par petit-enfant (par période de 6 ans également)
sans avoir de droits à payer.
Il est donc opportun de déclarer un don à l’administration
fiscale même s’il est inférieur ou égal
au montant de l’abattement. Cette solution permet de donner
une date certaine à la donation et de faire courir le délai
de 6 ans nécessaire à la reconstitution de l’abattement.
2- L’intérêt du pacte
adjoint pour les grands-parents
Votre investisseur (un
grand-père) qui
est le donateur a la possibilité de gérer personnellement
le contrat d’assurance-vie. Il suffira de le stipuler dans
le pacte adjoint. Ainsi, ce sera le grand-père et non les
parents qui administreront le contrat.
3- L’enfant mineur peut être
bénéficiaire d’un contrat d’assurance
vie
En effet, si votre investisseur (un grand-père
de moins de 70 ans par exemple) ne veut pas se dessaisir complètement
de son argent, il peut ouvrir un contrat d’assurance vie à son
nom et désigner sa petite fille mineure comme bénéficiaire.
Si le grand-père décède
alors que sa petite fille est toujours mineure, cette dernière
bénéficiera de l’abattement de 152 500 euros
sur les capitaux reçus et l’emploi des fonds se fera
avec l’accord des deux parents.
Dans le cas où le grand-père ne
voudrait pas que ce soit les parents qui gèrent cet argent,
alors que sa petite fille est mineure, il peut inscrire dans sa
clause bénéficiaire, la désignation suivante
:
Bénéficiaire en cas de décès
: « ma petite fille Jeanne née le ……….. à ………..
demeurant à …………..
Si mon décès survient alors que
ma petite fille est mineure, sa mère Madame P ………… et
son père Monsieur P …………, tous
deux demeurant à ……….. ne pourront
ni jouir de ce capital ni en assurer l’administration.
En effet, je confie à Monsieur Y, né à ……….
le ……….. demeurant à ……….,
ou à défaut à Madame A, née à ………….
le …….demeurant à ……….,
l’administration du capital lui revenant. Monsieur Y décidera
du placement de ce capital, placement dont le terme sera le vingtième
anniversaire de ma petite fille.
Dans le cas du prédécès
de ma petite fille, je désigne pour bénéficiaire
mes neveux vivants ou représentés.
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