Loi de finance - Exonération des heures supplémentaires - Plus value mobilière

 
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Projet de loi de finances 2008 (ce qui change)

Le projet de loi de finances déposé en septembre dernier a été examiné en première lecture par l'Assemblée nationale et est en cours d'examen par les sénateurs. Au cours de ces débats, il s'est enrichi de plusieurs mesures nouvelles. C'est l'occasion de faire le point sur l'avancement du projet de loi dont certaines dispositions, votées en termes quasi-identiques par les deux assemblées, peuvent être considérées dès à présent comme définitivement adoptées, au moins dans leur principe (sous réserve d'une censure du Conseil constitutionnel). C'est le cas notamment de l'aménagement de la fiscalité des dividendes, de la majoration de 16 % à 18 % du taux PFL pour l'ensemble des revenus mobiliers et du taux d'imposition des plus-values dès 2008.

• Exonération des heures supplémentaires
Les rémunérations perçues au titre des heures supplémentaires (salariés travaillant à temps complet) et complémentaires (salariés travaillant à temps partiel) effectuées depuis le 1er octobre 2007, ainsi que dans certaines limites, les majorations correspondantes, sont exonérées d'impôt sur le revenu.
Cette exonération bénéficie à l’ensemble des salariés, du secteur privé et public.
Bien qu'exonérées, ces heures supplémentaires ou complémentaires doivent être déclarées car elles seront prises en compte dans le calcul du revenu fiscal de référence et dans le montant des salaires retenus pour apprécier les limites de revenus conditionnant le bénéfice de la prime pour l'emploi.
Ces sommes exonérées figurent de façon distincte sur vos fiches de paye et sont en principe reprises par l'administration dans la déclaration préremplie (à défaut vous devez corriger votre déclaration).

• Exonération des salaires perçus par les étudiants
A compter de 2007, les salaires perçus par les étudiants de 25 ans au plus au 1er janvier 2007 en rémunération d'activités exercées pendant leurs études ou durant leurs congés scolaires ou universitaires sont exonérés d'impôt sur le revenu, sur option, dans la limite de 3 SMIC mensuels.
L’exonération s’applique même si l’étudiant est rattaché au foyer fiscal de ses parents.


1 - PFL de 18 % à compter de 2008 y compris pour les dividendes


Députés et sénateurs se sont accordés sur la majoration du taux du prélèvement forfaitaire libératoire (PFL) de 16 % à 18 % à compter de 2008 pour tous les revenus mobiliers soumis au PFL au taux de 16 % auparavant.
Il se sont également accordés sur le principe de soumission des dividendes, sur option, au PFL de 18 % (et non 16 % comme prévu dans le projet initial) à compter de 2008. Le prélèvement serait calculé sur le montant brut des dividendes perçus. Les contribuables optant pour l'imposition de leurs dividendes au PFL seraient par ailleurs privés du bénéfice des abattements (de 40% et de 1 525 € ou 3 050 €) et du crédit d'impôt de 115 € ou 230 € pour tous leurs dividendes (et non pas seulement ceux soumis au PFL), à l'exception de ceux issus de participations substantielles.
Quel que soit le régime d'imposition choisi, les contributions sociales (11 %) afférents aux dividendes seront prélevés à la source dès 2008.
Enfin, l'assiette des prélèvements sociaux au titre des revenus du patrimoine calculés sur les revenus mobiliers devrait être élargie à compter du 1er janvier 2008 : les frais d'acquisition et de conservation de ces revenus ne seraient plus déductibles de cette base dès 2008.

2 - Plus-values mobilières - Imposition au taux de 18 %


Par ailleurs, les deux assemblées ont voté la majoration du taux d'imposition des plus-values mobilières de 16 % à 18 %. Les sénateurs ont également prévu de majorer le seuil de cession déclenchant l'imposition de ces plus-values de 20 000 € (pour 2007) à 25 000 € à compter de 2008. Ainsi, pour les cessions réalisées en 2008, les plus-values devraient être imposées au taux de 18 % et non plus 16 % (auxquels s'ajoutent les prélèvements sociaux au taux de 11 %) si le montant des cession réalisées par le foyer excède 25 000 €.


3 - Crédit d'impôt pour l'acquisition de la résidence principale

Le crédit d'impôt au titre des intérêts d'emprunt contracté pour l'acquisition de la résidence principale sera doublé au titre de la première annuité : le taux de la réduction est en effet majoré de 20 % à 40 % au titre de cette première annuité.

Par ailleurs il est proposé d'offrir aux contribuables construisant ou acquérant en état futur d'achèvement leur résidence principale, la possibilité de différer le point de départ du crédit d'impôt à la date de livraison de leur résidence afin de bénéficier à plein de l'avantage fiscal. En effet actuellement, les 5 annuités de remboursement ouvrant droit au crédit d'impôt dans la limte annuelle 3 750 € pour un célibataire et 7 500 € pour un couple soumis à imposition commune (ces plafonds sont doublés pour les personnes handicapées, majorée de 500 € par personne à charge) sont décomptées à partir de la date de la première mise à disposition des fonds ce qui permet aux contribuables qui commencent à supporter une charge d'intérêts d'emprunts de bénéficier le plus rapidement possible du crédit d'impôt (sans attendre le déblocage intégral des fonds). Toutefois cette anticipation peut conduire à empêcher l'emprunteur de bénéficier du plein effet du dispositif, et notamment de la majoration permettant de doubler le montant du crédit d'impôt au titre de la première annuité. Afin de remédier à cette situation, les contribuables qui font construire ou acquièrent en état futur d'achèvement pourraient décaler le bénéfice du crédit d'impôt jusqu'à la date de l'achèvement ou de livraison du logement, c'est-à-dire au moment où les fonds sont intégralement débloqués et où la charge d'intérêts est la plus importante.

4 - Prime pour l'emploi

Outre la revalorisation des seuils et limites de calcul de la prime pour l'emploi de 1,3 %, désormais entérinée, les sénateurs proposent de rendre optionnel le paiement par acompte de la PPE dès le 1er janvier 2008.
Actuellement, les personnes qui ont bénéficié de la PPE au titre des revenus d'activité professionnelle d'une année, perçoivent, l'année suivante, du mois de janvier au mois de juin, des versements mensuels égaux au douzième du montant de la prime obtenue l'année précédente. Ces acomptes font l'objet, le cas échéant, d'une régularisation qui pose souvent, des difficultés en pratique pour les contribuables appelés à restituer une partie des acomptes reçus indûment. C'est pourquoi, il est proposé de rendre optionnel le versement de la prime sous forme d'acomptes mensuels dès le 1er janvier 2008.
   

5 - Réductions d'ISF

Le dispositif de réduction d'ISF au titre de l'investissement dans les PME devrait être assoupli. L'actuelle exclusion du dispositif de l'investissement dans une PME pour laquelle un des membres du foyer bénéficie de l'exonération au titre des biens professionnels doit en effet être supprimée.
Ainsi, les dirigeants d’entreprise éligibles au régime des biens professionnels, qui investissent dans leur propre société, pourront bénéficier de l’avantage fiscal accordé aux autres souscripteurs, sous réserve toutefois que les sommes restent investies dans la PME pendant une durée d’au moins 5 ans.
D'autre part, une nouvelle réduction d'ISF serait instituée au titre du financement d'entreprises innovantes. Les redevables de l'ISF pourraient désormais imputer sur le montant de l'ISF dont ils sont redevables une somme égale à 75 % des sommes versées (retenues dans la limite de 50 000 €) pour le financement de PME innovantes, y compris dans les couveuses ou incubateurs d'entreprises, et ce dès la création de celles-ci. Les entreprises pouvant prétendre à ces participations devront en outre répondre strictement à des conditions d'investissement dans la recherche ou de création de produits reconnus innovants par un organisme spécialisé désigné conjointement par le ministre en charge de la recherche et le ministre en charge des finances.

6 - Autres mesures

Les deux assemblées ont également adopté les mesures suivantes :
la revalorisation du barème de l'IR de 1,3 % (cf notre dossier de septembre),
l'aménagement de la réduction d'impôt pour télédéclaration ;
l'ouverture aux titulaires de BNC non professionnels de la possibilité d'adhérer à une association de gestion agréée (AA) et d'échapper ainsi à la majoration de 25 % applicable aux personnes n'adhérant pas à un OGA ; un doute subsiste toutefois quant à la date d'entrée en vigueur (revenus de 2007 ou 2008 ?) ;
l'attribution d'un droit à décharge de responsabilité solidaire (cf notre dossier de septembre) sous réserve de quelques aménagements : notamment impossibilité d'obtenir, via ce droit à décharge de responsabilité, une restitution d'impôt et exclusion du champ des bénéficiaires les personnes qui se sont frauduleusement soustraites au paiement de l'impôt (ou ont tenté de le faire), soit en organisant leur insolvabilité, soit en faisant plus généralement obstacle au paiement des impositions qui leur incombent.